L’extension d’encolure

 

L’extension d’encolure est une posture de travail qui présente de nombreux avantages. Elle est également une étape indispensable pour développer une musculature et une locomotion propices aux allures rassemblées. Voici mes réponses aux questions que l’on me pose le plus souvent à ce sujet.

 


Comment obtenir une extension d’encolure ?

Il existe des astuces pour inviter son cheval à descendre l’encolure (telles que « peigner ses rênes »), mais c’est avant tout grâce à un bon engagement des postérieurs que l’on parviendra à tendre la ligne du dessus pour travailler de façon efficace. Ma stratégie est donc généralement la suivante :

  • travailler en cercle en changeant régulièrement de main pour étirer alternativement les deux côtés et favoriser la décontraction
  • stimuler l’engagement du postérieur intérieur
  • ne pas hésiter à avancer généreusement les mains à chaque fois que le cheval propose de s’étirer
  • alléger au maximum son assiette (et trotter enlevé) pour ne pas gêner les mouvements du dos
  • commencer au sol, en travail à l’épaule, pour permettre au cheval de gagner en souplesse et en force avant d’ajouter la contrainte du poids du cavalier

 

Faut-il utiliser un enrênement ?

Il y a trois raisons principales pour lesquelles je pense que l’utilisation d’un enrênement est contre-productive :

  • Maintenir artificiellement la tête et l’encolure dans une position fixe n’est pas favorable à la décontraction. Avec un enrênement, vous risquez de forcer le cheval à tenir une posture plus longtemps qu’il ne le peut et ainsi créer des phénomènes de compensation.

 

  • Les rênes sont un baromètre de ce qu’il se passe dans le corps de votre cheval plus qu’un moyen de créer la bonne posture. Avec un enrênement, vous vous privez d’une partie des sensations qui vous indiquent quand votre cheval travaille dans le bon sens ou non.

 

  • Contrairement à vos mains, un enrênement ne peut pas céder ou accompagner. Avec un enrênement fixe, votre cheval va buter contre celui-ci chaque fois qu’il va proposer de s’étirer vers l’avant. Il risque donc fort de chercher à échapper au contact en plaçant son chanfrein en arrière de la verticale ou de prendre l’habitude de s’appuyer sur les rênes. Avec un enrênement élastique, la pression ne se relâche à aucun moment et il est plus difficile pour lui de comprendre quand il offre la posture recherchée ou non.

 

Est-ce que le travail encolure basse risque de surcharger l’avant-main ?

L’extension d’encolure n’est pas du tout favorable à un équilibre sur les hanches. Toutefois, le but est de rester dans un équilibre relativement horizontal pour étirer sans empêcher la liberté de mouvement des épaules. Chaque cheval est différent, c’est à vous de déterminer quelle posture est optimale pour le vôtre. Pour cela, voici quelques indicateurs d’un mauvais équilibre :

  • le cheval tombe à l’intérieur ou à l’extérieur du cercle
  • son avant-main est difficile à déplacer (il lui est difficile d’élargir un cercle ou de travailler en contre-incurvation, par exemple)
  • les antérieurs se posent avant d’avoir pu dérouler leur geste jusqu’au bout (dans une piste en sable, les pieds ont tendance à s’enterrer et à soulever de la poussière).
  • le cheval précipite, il a peu d’amplitude
  • il met son chanfrein en arrière de la verticale et fuit le contact.

Un bon engagement des postérieurs (qui viennent alors soutenir le poids du corps) est primordial pour qu’un cheval se tienne en équilibre. Toutefois, certains exercices peuvent vous aider à alléger l’avant-main : l’incurvation sur la ligne droite, le travail en contre-pli, l’épaule en avant ou en dedans…

Pour finir, il est important de varier les exercices et les postures afin que votre cheval devienne un athlète harmonieux .

 

Mieux comprendre l’extension d’encolure

  • Lorsque l’encolure s’abaisse, le ligament nuchal, prolongé par le ligament supra-épineux, est mis sous tension. Il exerce alors une traction sur les processus épineux des premières vertèbres thoraciques et provoque un arrondissement du dos (flexion thoracique). Les muscles extenseurs du dos sont en élongation et le port du poids du cavalier est facilité.
1. ligament nuchal (corde)    2. lames du ligament nuchal      3. ligament supra-épineux      4. muscle long dorsal

 

  • Les muscles abdominaux travaillent plus intensément lors de l’engagement des postérieurs car ils doivent compenser la tension exercée sur la ligne du dessus.

 

  • Les processus épineux s’écartent les uns des autres. Cette posture permet donc de soulager les chevaux atteints de conflits des processus épineux.

 

  • Les muscles cervicaux dorsaux (muscles de l’encolure situés au dessus de la colonne vertébrale) sont sollicités en contraction isométrique en étirement (ils contrôlent le degré d’abaissement de l’encolure). Un bon développement de ces muscles permet de préparer le cheval au travail encolure relevée.

 

  • La tête et l’encolure faisant office de balancier, le centre de gravité du cheval a tendance à se déplacer vers l’avant. Pour rétablir un équilibre correct, le cheval doit solliciter les muscles assurant le soutien du tronc entre les antérieurs. L’exercice améliora donc la légèreté de l’avant-main dans la suite du travail, ainsi que l’efficacité à l’obstacle.

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